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AXEL WITSEL : « PETIT, JE REGARDAIS PLUS LES MATCHES DE LA FRANCE »
Pour sa 21e saison en professionnel, le Niçois Axel Witsel découvre la Ligue 1, le septième Championnat de sa riche carrière, et évoque sa relation « spéciale » avec la France, à laquelle il est lié par son père.
Décontracté et affable, Axel Witsel a le contact facile. Seule complexité : échanger avec le nouveau milieu niçois requiert un sacré sens de la synthèse tant les quarante minutes d'entretien ont été riches. Il en a vu du pays, le deuxième joueur le plus capé de la sélection belge avec 140 sélections (derrière Jan Vertonghen, 157). Ou plutôt des pays. A 37 ans, il découvre le septième Championnat de sa carrière, longue de vingt ans et de 910 matches, clubs et sélection confondus. « Tout le monde rêverait d'atteindre le chiffre
1000 mais il va me rester encore quelques saisons à jouer. Je me suis fixé comme objectif de jouer deux ans, on verra ensuite », glisse-t-il.
- Dites-nous honnêtement: avec votre vécu et votre look, combien de fois vous a-t-on comparé à Dante depuis que vous ici ?
(Il sourit.) Tous les jours sur les deux premières semaines. C'était un grand frère pour moi depuis qu'on s'est côtoyés au Standard de Liège (2007-2009). Ensuite, on est toujours restés en contact. Quand j’avais encore ma maison à Saint-Paul-de-Vence, je venais le voir tous les étés ici.
- Racontez-nous ce qui a motivé ce choix.
J'étais chez moi à Madrid, où je bossais en attendant un club. J'ai eu Roger (Ricort, le directeur sportif) au téléphone et ça a été très rapide. Booster les jeunes, les encadrer, c'étaient les premiers mots qu'il a prononces pour me faire venir. Ca m'a plu. Être dans la transmission, c'est un rôle que j'aime.
- Vous avez d'ailleurs récupéré le brassard avant le match contre Lille (2-1), à la place de Jonathan Clauss.
Oui, en arrivant dans le vestiaire, j'ai vu mon maillot avec le brassard à côté. Je me suis dit : "c'est pour moi, pas pour moi?" Après, le coach (Olivier Pantaloni) a pris la parole devant le groupe pour dire que j'allais être le capitaine. J'ai dit pas de problème.
- À titre personnel, qu'attendez-vous de cette saison ?
De retrouver une identité et un collectif. Avec ce qu'on a montré contre Lille, on est en plein dedans. J'ai connu la lutte pour le maintien avec Gérone. On est descendus. Je sais ce que c'est de jouer pour ne pas descendre et je préfère jouer pour être champion. La pression est différente.
Pourtant, j'en ai joué des matches à pression, des matches de Coupe du monde mais celui-là, contre Elche, était chaud (1-1, le 23 mai). C'était comparable au quart de finale contre le Brésil (2-1 en 2018) où j'étais stressé, et pourtant ce n'est pas dans ma nature.
"J'aurais aimé croiser Zidane.
C'était mon idole !"
- Vous venez de prendre votre retraite internationale. Cette première trêve sans sélection, c'était comment ?
C'était réfléchi. À la Coupe du monde, j'ai fondu en larmes dans les bras de Romelu Lukaku après le match contre l'Espagne (1-2, en quarts de finale). Je savais que c'était fini. Là, j'ai regardé les rencontres, ça ne m'a pas piqué. Je suis en paix avec moi-même.
- Votre père étant martiniquais, êtes-vous français aussi ?
Non. j'en ai parlé d'ailleurs récemment avec lui. Il n'a plus la nationalité, et comme il travaille en politique, il faudrait qu'il quitte ce monde-là pour pouvoir la redemander.
Mais, à chaque fois que j'ai affronté la France (à cinq reprises), ç'a été spécial, pour moi. Quand j'étais petit, je regardais plus les matches de la France que de la Belgique.. Les Zidane, Blanc, Barthez... Ça m'a d'ailleurs fait bizarre de ne pas jouer lundi avec la Belgique, j'aurais aime croiser Zidane. C'était mon idole !
- Parlons de votre parcours. Vous êtes champion de Belgique avant de partir au Portugal.
Oui, deux fois champion à 18-19 ans (2008, 2009). Le premier titre avec le Standard, niveau émotions, je le classe au même rang que notre 3° place de Coupe du monde en 2018. Apres, Benfica, j'aurais pu y rester cinq ans, mais le Zenith Saint-Pétersbourg
a levé ma clause au bout d'un an.
- A l'époque, ça avait été un transfert retentissant (40 M€). Que retenez-vous de vos quatre ans et demi là-bas ?
Top ! C'était un départ un peu surprenant. On m'avait fait comprendre qu'il fallait y aller. Pour Benfica, ça ne se refusait pas. Je ne regrette pas. J'ai passé une aventure incroyable, même si on passait du coq à l'âne en termes de mentalité.
- Expliquez-nous comment vous êtes ensuite parti à Tianjin (de janvier 2017 à août 2018).
A la base, six mois plus tôt, je devais aller à la Juventus. Je n'avais plus qu'à signer le contrat mais le Zénith m'a retenu, faute de remplaçant. La Juve est revenue ensuite mais Tianjin était là aussi, et j'ai craqué, je suis parti en Chine. Il ne faut pas se leurrer, c'était impossible à refuser niveau contrat.
- Vivre de telles expériences, c'était au programme à vos débuts ?
Pas du tout. Comme j'aimais bien l'équipe de France 98, j'aimais Thierry Henry, je me disais petit que je jouerais pour Arsenal. Au final, je n'ai pas fait un match en Premier League (il sourit.)
- Vous êtes rentré de Chine au bout d'un an et demi, direction Dortmund (2018-2022).
Au final, votre carrière...
(Il coupe.) Je l'ai faite à l'envers. C'est ce qu'on me dit souvent, mais je ne partage pas ce point de vue. J'ai profité de la vague, il n'y a pas de tabou là-dessus. Autant je peux entendre qu'on dise que je suis parti pour l'argent en Chine - c'est vrai -autant je ne suis pas d'accord pour la Russie. OK, il y avait un gros contrat, mais j'ai continué à jouer la C1 chaque année.
- Vous l'avez aussi jouée avec l'Atlético (2022-2025), où vous avez également découvert le poste de défenseur central.
Oui, et ce n'était pas facile. Il fallait que j'anticipe, que je sois agressif au premier contact. J'ai beaucoup appris. En me faisant jouer à ce poste, "El Cholo" (Diego Simeone) m'a aussi permis de rallonger un peu ma carrière, de souffler un peu physiquement, et je l'ai remercie pour ça.
- Défenseur central, c'est un poste où vous vous voyez achever votre riche carrière ?
Je prends beaucoup plus de plaisir au milieu. Si le coach a besoin de moi, j'y vais, mais je préfère la terminer au milieu.
Décontracté et affable, Axel Witsel a le contact facile. Seule complexité : échanger avec le nouveau milieu niçois requiert un sacré sens de la synthèse tant les quarante minutes d'entretien ont été riches. Il en a vu du pays, le deuxième joueur le plus capé de la sélection belge avec 140 sélections (derrière Jan Vertonghen, 157). Ou plutôt des pays. A 37 ans, il découvre le septième Championnat de sa carrière, longue de vingt ans et de 910 matches, clubs et sélection confondus. « Tout le monde rêverait d'atteindre le chiffre
1000 mais il va me rester encore quelques saisons à jouer. Je me suis fixé comme objectif de jouer deux ans, on verra ensuite », glisse-t-il.
- Dites-nous honnêtement: avec votre vécu et votre look, combien de fois vous a-t-on comparé à Dante depuis que vous ici ?
(Il sourit.) Tous les jours sur les deux premières semaines. C'était un grand frère pour moi depuis qu'on s'est côtoyés au Standard de Liège (2007-2009). Ensuite, on est toujours restés en contact. Quand j’avais encore ma maison à Saint-Paul-de-Vence, je venais le voir tous les étés ici.
- Racontez-nous ce qui a motivé ce choix.
J'étais chez moi à Madrid, où je bossais en attendant un club. J'ai eu Roger (Ricort, le directeur sportif) au téléphone et ça a été très rapide. Booster les jeunes, les encadrer, c'étaient les premiers mots qu'il a prononces pour me faire venir. Ca m'a plu. Être dans la transmission, c'est un rôle que j'aime.
- Vous avez d'ailleurs récupéré le brassard avant le match contre Lille (2-1), à la place de Jonathan Clauss.
Oui, en arrivant dans le vestiaire, j'ai vu mon maillot avec le brassard à côté. Je me suis dit : "c'est pour moi, pas pour moi?" Après, le coach (Olivier Pantaloni) a pris la parole devant le groupe pour dire que j'allais être le capitaine. J'ai dit pas de problème.
- À titre personnel, qu'attendez-vous de cette saison ?
De retrouver une identité et un collectif. Avec ce qu'on a montré contre Lille, on est en plein dedans. J'ai connu la lutte pour le maintien avec Gérone. On est descendus. Je sais ce que c'est de jouer pour ne pas descendre et je préfère jouer pour être champion. La pression est différente.
Pourtant, j'en ai joué des matches à pression, des matches de Coupe du monde mais celui-là, contre Elche, était chaud (1-1, le 23 mai). C'était comparable au quart de finale contre le Brésil (2-1 en 2018) où j'étais stressé, et pourtant ce n'est pas dans ma nature.
"J'aurais aimé croiser Zidane.
C'était mon idole !"
- Vous venez de prendre votre retraite internationale. Cette première trêve sans sélection, c'était comment ?
C'était réfléchi. À la Coupe du monde, j'ai fondu en larmes dans les bras de Romelu Lukaku après le match contre l'Espagne (1-2, en quarts de finale). Je savais que c'était fini. Là, j'ai regardé les rencontres, ça ne m'a pas piqué. Je suis en paix avec moi-même.
- Votre père étant martiniquais, êtes-vous français aussi ?
Non. j'en ai parlé d'ailleurs récemment avec lui. Il n'a plus la nationalité, et comme il travaille en politique, il faudrait qu'il quitte ce monde-là pour pouvoir la redemander.
Mais, à chaque fois que j'ai affronté la France (à cinq reprises), ç'a été spécial, pour moi. Quand j'étais petit, je regardais plus les matches de la France que de la Belgique.. Les Zidane, Blanc, Barthez... Ça m'a d'ailleurs fait bizarre de ne pas jouer lundi avec la Belgique, j'aurais aime croiser Zidane. C'était mon idole !
- Parlons de votre parcours. Vous êtes champion de Belgique avant de partir au Portugal.
Oui, deux fois champion à 18-19 ans (2008, 2009). Le premier titre avec le Standard, niveau émotions, je le classe au même rang que notre 3° place de Coupe du monde en 2018. Apres, Benfica, j'aurais pu y rester cinq ans, mais le Zenith Saint-Pétersbourg
a levé ma clause au bout d'un an.
- A l'époque, ça avait été un transfert retentissant (40 M€). Que retenez-vous de vos quatre ans et demi là-bas ?
Top ! C'était un départ un peu surprenant. On m'avait fait comprendre qu'il fallait y aller. Pour Benfica, ça ne se refusait pas. Je ne regrette pas. J'ai passé une aventure incroyable, même si on passait du coq à l'âne en termes de mentalité.
- Expliquez-nous comment vous êtes ensuite parti à Tianjin (de janvier 2017 à août 2018).
A la base, six mois plus tôt, je devais aller à la Juventus. Je n'avais plus qu'à signer le contrat mais le Zénith m'a retenu, faute de remplaçant. La Juve est revenue ensuite mais Tianjin était là aussi, et j'ai craqué, je suis parti en Chine. Il ne faut pas se leurrer, c'était impossible à refuser niveau contrat.
- Vivre de telles expériences, c'était au programme à vos débuts ?
Pas du tout. Comme j'aimais bien l'équipe de France 98, j'aimais Thierry Henry, je me disais petit que je jouerais pour Arsenal. Au final, je n'ai pas fait un match en Premier League (il sourit.)
- Vous êtes rentré de Chine au bout d'un an et demi, direction Dortmund (2018-2022).
Au final, votre carrière...
(Il coupe.) Je l'ai faite à l'envers. C'est ce qu'on me dit souvent, mais je ne partage pas ce point de vue. J'ai profité de la vague, il n'y a pas de tabou là-dessus. Autant je peux entendre qu'on dise que je suis parti pour l'argent en Chine - c'est vrai -autant je ne suis pas d'accord pour la Russie. OK, il y avait un gros contrat, mais j'ai continué à jouer la C1 chaque année.
- Vous l'avez aussi jouée avec l'Atlético (2022-2025), où vous avez également découvert le poste de défenseur central.
Oui, et ce n'était pas facile. Il fallait que j'anticipe, que je sois agressif au premier contact. J'ai beaucoup appris. En me faisant jouer à ce poste, "El Cholo" (Diego Simeone) m'a aussi permis de rallonger un peu ma carrière, de souffler un peu physiquement, et je l'ai remercie pour ça.
- Défenseur central, c'est un poste où vous vous voyez achever votre riche carrière ?
Je prends beaucoup plus de plaisir au milieu. Si le coach a besoin de moi, j'y vais, mais je préfère la terminer au milieu.
